Les librairies à assortiment limité : dépendent d’un organisme qui définit leurs commandes et leur autonomie ; même avec un stock de titres important, cela induit le manque de diversité des livres et leur plus faible rotation. Il en est de quatre sortes.

  • Les librairies rattachées à une institution servent une clientèle particulière, de façon spécialisée autour de quelques thèmes. Les vendeurs ne servent que les membres de l’institution, suivant les souhaits de l’institution. Rotation très limitée.
  • Les librairies sous contrat avec une maison d’édition, destinées à vendre un seul catalogue, au détriment de la diversité. Les vendeurs sont tenus par des limites. Ces librairies ne permettent pas la recherche comparative, libre et critique. Rotation et nouveautés privilégient un seul éditeur en occultant les autres. L’animation littéraire est limitée aux intérêts du catalogue éditeur.
  • Les librairies générales de réseau, bénéficient d’un assortiment varié mais se contentent des assortiments automatiques ; commandent les livres en fonction des contraintes du réseau et pas toujours des souhaits des clients. Ne retiennent pas les livres originaux, refoulent les auteurs ou éditeurs indépendants. Rotation automatique, sans critique littéraire. L’animation littéraire est très formelle et incite seulement à la consommation.
  • Les librairies/papeteries ou kiosques : leur assortiment est réduit par la vente d’autres produits. Rotation automatique généralement limitée à un gros fournisseur.

Les librairies à grand périmètre : qu’il s’agisse de la vente en ligne ou en grande surface, le seul critère est la vente de masse. Peu importe la qualité.

  • Les grandes surfaces du livre, font du chiffre, avec des assortiments automatiques, sans mettre en valeur les livres originaux et sacrifient le rapport qualité/prix au taux de profit (mieux vaut vendre un livre cher ou de mauvaise qualité, s’il rapporte plus au vendeur). Les vendeurs sont standardisés. Rotation automatique des livres. Les animations littéraires incitent à la consommation de masse et au vedettariat.
  • Les librairies en ligne, concurrentes des grandes surfaces, présentent les même défauts avec la présence physique en moins. Fonctionnent sans échange humain, ni apport critique ou littéraire. Recherche des livres dépendante du fournisseur d’accès. Spéculation financière sur les livres et sur les comptes clientes (dont les « porte-monnaies » électroniques alimentent les banques).

Les librairies indépendantes, en nom propre ou en petites sarl : seules ces librairies sont capables de rechercher les livres indépendamment des éditeurs, des institutions, des fournisseurs de livres ou d’accès. Ce sont les librairies les plus proches des intérêts du lecteur. Il en est de deux sortes.

  • Les librairies indépendantes et profilées, plus de la moitié de leur assortiment est consacré à un seul genre ; elles se spécialisent. Leurs libraires sont très compétents dans leur domaine de prédilection.
  • Les librairies générales indépendantes, commandent chez la totalité des éditeurs, retiennent en fonds les oeuvres originales, défendent les éditeurs indépendants. Ce sont elles, qui par la variété des fournisseurs défendent le mieux la bibliodiversité, l’esprit critique et les besoins d’une clientèle qui ne veut pas se laisser enrégimenter. Elles permettent des animations littéraires créatives et non commerciales.
  • La Mouette liseuse est une librairie générale indépendante, elle défend tous les livres et elle en permet l’accès rapide, à égalité. Elle relie, de plus, commerce et activité de création, lecture et écriture.

Une librairie conviviale où l'on est comme chez soi. La littérature dans le biberon. Une librairie conviviale où l’on est comme chez soi. La littérature dans le biberon.